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L’année passée fut marquée par une hausse continue du niveau de risque informatique et une professionnalisation accrue des acteurs malveillants.

Dans son panorama sur la menace informatique, l’ANSSI revient en effet sur les grandes tendances ayant marqué le paysage cyber sur l’année 2020-2021 et en propose des perspectives d’évolution à court terme. Ce panorama met ainsi le point sur les éléments suivants :

Pour toutes ces raisons, l’ANSSI a constaté une augmentation du nombre d’intrusions avérées dans les systèmes d’information de 37 % entre 2020 et 2021 (soit 1082 en 2021 contre 786 en 2020). 

Consultez ici l’intégralité du document : Panorama de la menace informatique 2021 (ANSSI, 8 mars 2021)

La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) a été, très récemment, victime d’une cyber-attaque. Les cyberattaquants ont, en effet, réussi à entrer sur des comptes « amelipro » réservés aux professionnels de santé, grâce à des adresses e-mail compromises. La CNAM a annoncé que 19 comptes ont été ainsi piratés.

Une fois entrés, les cyberattaquants ont « interrogés en chaine » le service « Infopatient » qui permet d’accéder à certaines informations administratives des assurés grâce à leur numéro de sécurité sociale testés en masse par leur robot.

Ils ont ainsi pu avoir accès aux données d’identité (nom, prénom, date de naissance, sexe), numéro de sécurité sociale ainsi que des données relatives aux droits (déclaration de médecin traitant, attribution de la complémentaire santé solidaire, …).

En revanche, la CNAM a annoncé que les coordonnées de contact (email, adresse postale, téléphone), les coordonnées bancaires et les informations pathologiques et de consommation de soins n’ont pas été violées.

La CNAM a agi au plus vite lors de la découverte de la cyber-attaque. Dans son communiqué de presse datant du 17 mars dernier, elle comptabilisait 510 000 assurés concernés et précise qu’ils seront informés. Une sensibilisation contre l’hameçonnage est prévue à destination des personnes concernées. De même, un rappel sur la sécurisation des comptes « amelipro » sera adressé aux professionnels de santé.

Dans une mise en garde communiquée le 21 mars, la CNAM rappelle les réflexes importants à avoir lors de la réception de messages électroniques. Elle recommande également le changement régulier de mots de passe des services sur internet et de ne jamais répondre par téléphone, sms ou par courriels à des demandes de données personnelles ou bancaires.

La CNAM a notifié cette violation de donnée à la CNIL le 16 mars et a déposé une plainte pénale.  

Consultez ici les communiqués de presse de la CNAM : CNAM-communique-presse-17032022 ; CNAM-communique-presse-21032022

Le CEPD a publié le 14 mars, une première version des lignes directrices sur les Dark Patterns (en français : interfaces truquées) dont l’objet est de fournir des recommandations permettant aux concepteurs et aux utilisateurs des réseaux sociaux d’identifier et d’éviter les interfaces malveillantes pouvant porter atteinte à la protection des données personnelles. 

Pour mémoire, les Dark patterns sont des interfaces posées sur les plateformes de réseaux sociaux, qui peuvent conduire les concepteurs et les utilisateurs à prendre involontairement des décisions ou à adopter des comportements susceptibles de compromettre leurs données personnelles.  

Après avoir exposé une liste des catégories des Dark patterns, les lignes directrices rappellent d’abord les principes généraux applicables à l’utilisation de ces interfaces, de manière à les rendre conformes aux dispositions du RGPD. Il s’agit plus particulièrement de l’exigence de base légale lors de la collecte et du traitement des données, de la nécessité de déterminer clairement la finalité du traitement et de faciliter aux personnes concernées l’accès et l’exercice de leurs droits sur leurs données.

Ensuite, le CEPD fournit certaines recommandations sur les pratiques à suivre par les concepteurs et les responsables du traitement afin de pouvoir implémenter les interfaces conformément au RGPD.

Les lignes directrices exposent enfin une liste non-exhaustive des exemples pratiques qui peuvent être rencontrés par les concepteurs et les utilisateurs lors de la l’installation ou de l’utilisation de ces interfaces.

D’ailleurs, cette version est ouverte à la consultation du public jusqu’au 2 mai 2022.

Consultez ici l’intégralité du document en anglais : Guidelines 3/2022 on Dark patterns in social media platform interfaces : How to recognise and avoid them

Avec la loi n° 2022-309, qui a été publiée au Journal Officiel le 3 mars 2022, la protection des données des consommateurs en ligne sera prochainement davantage renforcée.

En effet, ce texte ajoute un nouvel article L.111-7-3 au Code de la consommation applicable aux plateformes en ligne qui proposent un service de comparaison des produits et des prix, en vue de la vente ou de la mise en relation entre un professionnel et un consommateur. Il impose désormais à ces intermédiaires, de réaliser un audit de cybersécurité portant sur la sécurisation et la localisation des données qu’ils hébergent, directement ou par l’intermédiaire d’un tiers. Il leur impose également de sécuriser leurs propres outils de traitement et de transfert des données.

Nous pensons bien évidemment ici aux sites de comparateurs d’assurance susceptibles de collecter un certain nombre d’informations personnelles de prospects dans le but notamment de proposer la réalisation de devis en ligne.

L’audit en question devra-t-être réalisé par des prestataires d’audit qualifiés par l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI).

Les intermédiaires en lignes devront également informer les consommateurs des résultats de leur audit de façon lisible, claire et compréhensible.

Des textes réglementaires viendront définir ultérieurement les modalités de la mise en œuvre de ces évolutions. En effet, un décret pris en Conseil d’état fixera le seuil d’activités à partir duquel l’audit sera exigible, et un arrêté pris après avis de la CNIL définira aussi la durée de sa validité.

Ces nouvelles dispositions entreront en vigueur le 1er octobre 2023

Consultez ici le texte de la loi : Loi n° 2022-309 du 3 mars 2022

Le 10 décembre 2021, la Cour de cassation a saisi le Conseil constitutionnel d’une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC). Celle-ci portait sur la conformité à la constitution de l’article L34-1 du Code des Postes et des Communications Électroniques (CPCE), concernant le traitement des données à caractère personnel dans le cadre de la fourniture au public de services de communications électroniques.

Sont contestées les paragraphes II et III de l’article L34-1 du CPCE, qui imposent aux opérateurs d’effacer ou de rendre anonymes les données relatives au trafic, enregistrées à l’occasion des communications électroniques dont ils assurent la transmission.

De plus, les requérants reprochaient à ces dispositions d’imposer aux opérateurs la conservation générale et indifférenciée des données de connexion, sans la réserver à la recherche d’infractions graves et sans même soumettre cette conservation à une autorisation ou à un contrôle d’une juridiction ou d’une autorité indépendante.

Enfin, il était reproché le fait qu’il existait d’autres moyens d’investigations moins attentatoires au respect de la vie privée.

Suite à ces contestations, le Conseil Constitutionnel constate d’abord que ces données de connexion conservées portent sur l’identification des utilisateurs des services de communications, mais aussi sur la localisation de leur équipement.

Au regard de leur nature, de leur diversité et des traitements dont elles peuvent faire l’objet, ces données fournissent ainsi des informations nombreuses et précises, particulièrement attentatoires à la vie privée.

Le Conseil relève ensuite qu’une telle conservation s’applique de manière générale à tous les utilisateurs et que cette obligation de conservation porte indifféremment sur toutes les données de connexion de l’utilisateur, sensibles ou non, sans considération de la nature et de la gravité des infractions recherchées.

Le Conseil Constitutionnel déduit, dans sa décision du 25 février 2022, que ces dispositions contestées portent une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée consacré dans l’article2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (DDHC).

Consultez ici le communiqué de presse et la décision  : Décision n° 2021-976/977 QPC du 25 février 2022 – Communiqué de presse | Conseil constitutionnel (conseil-constitutionnel.fr) ; Décision n° 2021-976/977 QPC du 25 février 2022 ; Conseil constitutionnel (conseil-constitutionnel.fr)

La Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur (« Loi Lemoine ») a été promulguée au Journal Officiel du 1er mars 2022 !

Sans revenir dans le détail sur le contenu de ce texte déjà commenté à plusieurs reprises dans les précédents bulletins, retenons-en simplement :

Ces nouvelles exigences devront s’appliquer à tous les nouveaux contrats souscrits à compter du 1er juin 2022 et, à compter du 1er septembre 2022 pour les contrats d’assurance emprunteur déjà en cours à cette date.

Consultez ici l’intégralité du document : Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur (JO, 1er mars 2022, texte n° 4)

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