L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a publié le 26 juin un rapport qui pourrait rebattre les cartes du financement de la protection sociale complémentaire d’entreprise.
Près de dix ans après la généralisation de la complémentaire santé collective obligatoire dans le secteur privé (2016), la mission s’interroge en effet sur la pertinence des exonérations fiscales et sociales qui accompagnent ces dispositifs et qui coûteraient environ 5 milliards d’euros de cotisations sociales non perçues par la Sécurité sociale et 2,4 milliards d’euros de plus au titre des avantages fiscaux.
Trois critiques structurent le rapport qui, selon l’IGAS, fragilisent le système :
- Un financement jugé peu redistributif étant donné que les cotisations reposent largement sur des montants forfaitaires plutôt que proportionnels aux revenus, conduisant mécaniquement le dispositif à profiter de façon plus favorable aux hauts salaires.
- Des garanties jugées inflationnistes et créatrices d’inégalités entre assurés, la prise en charge de certains dépassements d’honoraires ou de médecines alternatives étant de nature à alimenter la hausse des coûts de santé, sans nécessairement se justifier médicalement, et à creuser les écarts entre assurés selon les contrats souscrits par leur employeur.
- Un effet de substitution défavorable aux salariés, les exonérations pouvant conduire les entreprises à privilégier le renforcement des garanties complémentaires plutôt que l’augmentation des salaires alors que les montants ainsi versés n’ouvrent pas de droits sociaux équivalents, notamment en matière de retraite.
L’IGAS distingue ainsi nettement la prévoyance, dont la généralisation à tous les salariés est jugée souhaitable, de la complémentaire santé, seule visée par les critiques. Elle propose en outre deux scénarios de moyen terme pour réformer les dispositifs de complémentaire santé :
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